Le 11 juin, 2026. Mr. Tomáš Drucker, ministre de l’Éducation, de la Recherche, du Développement et de la Jeunesse de la République slovaque, a rendu visite à l’I2EN afin d’examiner les possibilités de coopération concrète entre la Slovaquie et la France en faveur du développement des compétences nucléaires et de l’excellence académique. Les échanges ont porté sur le renforcement des liens entre les établissements d’enseignement supérieur slovaques et français, dans le but de développer des programmes de formation nucléaire de haut niveau, reconnus à l’international.

Au-delà de l’expansion de son parc nucléaire, la Slovaquie cherche également à se positionner dans des secteurs stratégiques émergents tels que l’intelligence artificielle et les technologies numériques avancées. Comme partout en Europe, la croissance rapide des applications d’IA et des activités à forte intensité de données devrait entraîner une augmentation significative de la demande d’électricité au cours des prochaines décennies. Garantir un accès à une électricité fiable, abordable et bas carbone est ainsi devenu un enjeu majeur de compétitivité pour le pays.
Dans ce contexte, l’énergie nucléaire est de plus en plus perçue non seulement comme un pilier de la sécurité énergétique et de la décarbonation, mais également comme un levier essentiel du développement industriel et numérique futur. En investissant simultanément dans les infrastructures nucléaires, l’innovation et le capital humain, la Slovaquie entend créer les conditions nécessaires pour soutenir à la fois sa transition énergétique et ses ambitions dans l’économie numérique. Cette stratégie exige une main-d’œuvre hautement qualifiée, capable d’intervenir sur l’ensemble de la chaîne de valeur nucléaire, de l’ingénierie et de l’exploitation à la recherche, la sûreté, la réglementation et l’innovation.
Conscient de cet enjeu, le gouvernement slovaque a adopté en janvier 2026 une feuille de route nationale dédiée au développement des ressources humaines dans le secteur nucléaire. Celle-ci identifie plusieurs priorités, notamment la création de nouveaux programmes académiques, le renforcement des capacités de recherche et l’augmentation du nombre de diplômés dans les disciplines nucléaires clés. Elle souligne également l’ambition de la Slovaquie de renforcer son rayonnement international dans le domaine de l’enseignement et de la formation nucléaires grâce à une coopération accrue avec des partenaires stratégiques, notamment la France et les États-Unis.
Délégation ministérielle à l'I2EN
C’est dans ce contexte qu’une délégation slovaque conduite par Tomáš Drucker, ministre de l’Éducation, de la Recherche, du Développement et de la Jeunesse de la République slovaque, a été reçue à l’I2EN le 11 juin 2026. Cette rencontre a permis d’explorer des pistes concrètes de coopération entre la Slovaquie et la France au service du développement des compétences nucléaires et de l’excellence académique.
Les discussions ont porté sur le renforcement des liens entre les établissements d’enseignement supérieur slovaques et français, avec pour objectif la création de programmes de formation nucléaire de haute qualité et reconnus à l’échelle internationale. Une attention particulière a été accordée aux échanges étudiants, à la mobilité académique, aux cursus conjoints ainsi qu’à la coopération en matière de recherche et de formation.
La Slovaquie dispose déjà d’une base académique solide dans les disciplines liées au nucléaire. La STU propose un master en ingénierie nucléaire et physique, offrant une formation avancée en physique des réacteurs, systèmes de centrales nucléaires, mesures radiologiques, matériaux nucléaires, instrumentation et thermomécanique. En complément de ce cursus d’ingénierie, l’Université Comenius de Bratislava propose un master en physique nucléaire et subnucléaire, contribuant au développement d’expertises en recherche sur la physique des réacteurs, sciences des rayonnements et technologies nucléaires expérimentales. Par ailleurs, un programme conjoint entre la STU et l’Université d’économie de Bratislava associe compétences techniques, économie de l’énergie, réglementation, gouvernance et gestion de projet, afin de préparer les futurs professionnels aux programmes nucléaires du pays.
S’appuyant sur ces atouts, les deux parties ont identifié plusieurs domaines dans lesquels une coopération renforcée pourrait générer une réelle valeur ajoutée. Dans le cadre d’une initiative ministérielle, qui pourrait être formalisée par un Memorandum of Understanding ou un programme de soutien dédié, les institutions françaises et slovaques pourraient établir des partenariats structurés à différents niveaux de formation. De tels partenariats favoriseraient le partage d’expertise, le développement d’initiatives académiques conjointes et la promotion de standards internationaux dans l’enseignement nucléaire. La mobilité étudiante a également été identifiée comme une priorité. L’élargissement des possibilités d’échanges, de stages et de séjours académiques permettrait aux étudiants slovaques et français de bénéficier d’environnements pédagogiques complémentaires tout en renforçant les liens professionnels et culturels entre les deux pays.
Renforcer la coopération entre la France et la Slovaquie
Cette visite a confirmé une conviction partagée : le succès des futurs programmes nucléaires dépendra autant des femmes et des hommes que des technologies. Alors que la Slovaquie poursuit ses ambitions nucléaires, la coopération avec des partenaires internationaux expérimentés sera essentielle pour garantir la disponibilité des compétences, des connaissances et de l’expertise nécessaires dans les décennies à venir.
Pour l’I2EN, ses membres et ses partenaires, ce dialogue ouvre des perspectives prometteuses de coopération renforcée avec les universités, institutions et acteurs slovaques. En développant les partenariats académiques, en soutenant la mobilité et en promouvant l’excellence dans l’enseignement nucléaire, la France et la Slovaquie peuvent contribuer ensemble à former la prochaine génération de professionnels du nucléaire et à renforcer la capacité de l’Europe à atteindre ses objectifs en matière d’électricité durable, décarbonée et fiable à long terme.

