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La France et le Kazakhstan s’allient pour renforcer les compétences humaines

Almaty, Kazakhstan – 25 mai 2026. Dans une démarche qui consolide un pont stratégique de haut niveau entre deux des principaux acteurs mondiaux du nucléaire, un protocole d’accord historique a été signé à Almaty. Cet accord établit un cadre formalisé et à long terme de coopération en matière de renforcement des compétences humaines dans le secteur nucléaire entre l’Institut international de l’énergie nucléaire (I2EN), représentant les ministères, organismes de recherche et acteurs industriels français, et la nouvelle Agence de la République du Kazakhstan pour l’énergie atomique.

La voie nucléaire du Kazakhstan

Pour comprendre pourquoi ce partenariat revêt une telle importance stratégique, il suffit de voir la transformation rapide en cours dans la gouvernance énergétique du Kazakhstan. À la suite d’un référendum national décisif organisé en octobre 2024, lors duquel les citoyens ont très largement soutenu l’introduction de l’énergie nucléaire civile, le président Kassym-Jomart Tokaïev a publié un décret direct portant création de l’Agence de la République du Kazakhstan pour l’énergie atomique en tant qu’organe d’État indépendant. La nouvelle Agence est directement subordonnée au président de la République et responsable devant lui. Ce positionnement structurel souligne l’urgence géopolitique et économique considérable du programme nucléaire du pays.

Le Kazakhstan est déjà un leader mondial de l’extraction d’uranium naturel. Toutefois, sa transition à venir s’inscrit dans une vision plus ambitieuse : maîtriser l’ensemble du cycle technologique afin de produire une électricité de base propre et souveraine, et de constituer, à terme, une infrastructure nucléaire complète. Pour mener à bien un programme électronucléaire d’une telle ampleur, le pays doit faire évoluer rapidement son infrastructure humaine.

Dans l’industrie nucléaire, un actif physique de classe mondiale dépend entièrement des personnes qui l’exploitent. Une main-d’œuvre qualifiée et une expertise à tous les niveaux constituent la garantie fondamentale de la sûreté à long terme, de la rigueur réglementaire et de l’excellence opérationnelle. En collaborant avec l’I2EN, l’Agence kazakhe travaille avec la principale porte d’entrée vers l’écosystème nucléaire français, celui d’un pays qui a prouvé sa capacité à maîtriser en toute sûreté l’ensemble de la chaîne de valeur nucléaire, avec 57 réacteurs aujourd’hui, depuis plus de 50 ans.

Au cœur du partenariat : le leadership

L’architecture de cette alliance montre que les accords internationaux ne valent que par la culture scientifique et opérationnelle qu’ils créent. Lors de la cérémonie, le vice-président Timur Zhantikin a souligné l’enjeu pour le Kazakhstan : « L’énergie nucléaire est la pierre angulaire de la souveraineté énergétique future du Kazakhstan. Mais la technologie seule ne suffit pas. En nous associant à l’I2EN et à son réseau, nous veillons à ce que notre programme nucléaire soit déployé selon les plus hauts standards mondiaux d’expertise humaine et de sûreté. Ce protocole d’accord donne à nos ingénieurs et chercheurs un accès direct à des décennies de culture opérationnelle française. »

Le directeur général de l’Institut de physique nucléaire, le professeur Sayabek Sakhiyev, a également insisté sur le rôle central de la formation : « Aujourd’hui, l’Institut de physique nucléaire constitue la principale plateforme kazakhe de développement des compétences dans le domaine nucléaire, de la recherche scientifique à la formation pratique, en passant par la culture de sûreté. Grâce à ses deux réacteurs de recherche, l’Institut offre une base unique pour former des spécialistes qualifiés, capables d’acquérir une expérience concrète sur de véritables installations nucléaires et des compétences conformes aux standards internationaux. La coopération internationale, notamment avec nos partenaires français, nous permet d’intégrer les meilleures pratiques éducatives et technologiques afin de préparer pleinement les futurs spécialistes à la construction d’une infrastructure nucléaire nationale complète. »

Côté français, cette coopération dépasse la diplomatie classique. Elle s’inscrit dans la renaissance nucléaire mondiale, essentielle à la décarbonation, à la sécurité énergétique et à la souveraineté technologique. « La réussite d’un programme nucléaire dépend avant tout des compétences humaines. Dans le nucléaire, l’expertise n’est pas un complément : elle est la condition du succès à long terme », a souligné Jan van der Lee, directeur exécutif de l’I2EN. « Le Kazakhstan est un acteur de longue date du nucléaire mondial. Renforcer les connaissances nucléaires ici, c’est renforcer toute la communauté internationale engagée vers un avenir bas carbone. Un protocole d’accord offre un cadre, mais ce sont les personnes — étudiants, ingénieurs et experts — qui lui donneront vie. La renaissance nucléaire ne nous sera pas livrée : nous la construirons nous-mêmes, grâce à nos compétences partagées, notre intégrité et notre travail. »

Passer à l’action

Les protocoles de signature étant achevés et les personnes de contact en cours de désignation pour définir les futurs plans de travail annuels, le cadre est désormais posé. Les activités conjointes soutiendront des formes non contraignantes de coopération, notamment la recherche fondamentale et appliquée à travers des programmes éducatifs, l’échange sécurisé de connaissances et de données scientifiques et techniques, ainsi que l’organisation de missions éducatives.

Pour la France comme pour le Kazakhstan, le message venu d’Almaty est clair : l’actif le plus précieux de l’industrie nucléaire moderne n’est ni le réacteur, ni le combustible. C’est le capital humain.

Signature Agence

De droite à gauche : Nurzhan Saduyev, directeur général adjoint chargé de la science (INP) ; Sayabek Sakhiyev, directeur général (INP) ; Askar Jumadildayev, vice-président (NAS RK, Académie nationale des sciences de la République du Kazakhstan) ; Timur Zhantikin, vice-président (ARKAE, Agence de la République du Kazakhstan pour l’énergie atomique) ; Jan van der Lee, directeur exécutif (I2EN) ; et Thibaud Reysset, directeur de projet (I2EN).

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