À l’occasion de la 70e Conférence générale de l’AIEA, qui s’est tenue à Vienne du 21 au 25 septembre 2026, la France a organisé un événement parallèle consacré à une dimension essentielle de la renaissance que connait actuellement le secteur nucléaire : les femmes et les hommes qui la rendent possible.
Pour ouvrir cet événement, une vidéo a donné la parole à plusieurs acteurs de l’écosystème nucléaire français et mis en images les projets, les métiers et les compétences qui accompagnent aujourd’hui la relance du nucléaire en France. À travers des témoignages et des images de terrain, cette vidéo rappelle une réalité simple : construire de nouveaux réacteurs, développer de nouvelles technologies ou faire évoluer le cycle du combustible ne repose pas uniquement sur des infrastructures et des investissements. Cela nécessite avant tout des compétences, de l’expérience, de la transmission et des femmes et des hommes capables de porter ces projets dans la durée. C’est autour de cette conviction que s’est construit le side event, en réunissant des personnalités issues de différents horizons du nucléaire français.
Des objectifs différents, un même enjeu : les compétences
Les témoignages ont permis d’illustrer concrètement la diversité des compétences et des responsabilités qui contribuent à un programme nucléaire.
- Laurent Kurkowski, Directeur Intégration au sein de la Direction de la Maîtrise d’Ouvrage du Nouveau Nucléaire d’EDF, a ouvert les échanges autour du programme EPR2 et des enjeux de gouvernance et d’intégration nécessaires à la réalisation de nouveaux projets nucléaires.
- Corinne Olivier, Vice-Présidente Business Line Constructions Neuves chez Framatome, a apporté son expérience de la construction et de la mise en œuvre industrielle des grands projets nucléaires, ainsi que des enjeux liés à la préparation et à la formation des équipes qui les porteront demain.
- Du côté du cycle du combustible, Arnaud Capdepon, Directeur de l’usine Orano Melox, a partagé son expérience de près de trois décennies dans le cycle du combustible et de la gestion opérationnelle de sites industriels, notamment dans la fabrication de combustible MOX recyclé.
- La gestion du temps long était représentée par Lydie Evrard, Directrice générale de l’Andra, qui a apporté son expérience dans les domaines de la sûreté nucléaire et de la gestion des déchets radioactifs, en France comme à l’international.
- La recherche, l’innovation et la coopération internationale étaient représentées par Marion Tiphine, Chargée de mission Relations internationales sein de la Direction des énergies du CEA. Son parcours, de la recherche en physique des réacteurs et du cycle du combustible à la représentation de la France auprès de l’AIEA, illustre le rôle des coopérations scientifiques et institutionnelles dans le développement des compétences nucléaires.
- Pierre Bois, Directeur Général Adjoint de l’ASNR, a apporté le point de vue de l’autorité de sûreté sur les enjeux liés à l’encadrement des installations du cycle du combustible, des déchets, du démantèlement, des réacteurs de recherche et du transport des matières radioactives.
- Enfin, Pierre Funk, Chargé de mission relations internationales, enseignements et management des connaissances au sein de la DEND, a abordé les enjeux liés aux garanties et à la sécurité nucléaire, ainsi qu’à la transmission des connaissances et au développement des compétences dans ces domaines.
Une expérience française construite dans la durée
À travers ces sept témoignages, l’événement a ainsi parcouru des dimensions très différentes de la relance qui s’est engagée en France dans le secteur nucléaire : construction et nouveaux projets, industrie, cycle du combustible, gestion des déchets, recherche, sûreté, sécurité et garanties.
Malgré cette diversité, un message commun s’est dégagé : aucun programme nucléaire ne peut se développer sans les femmes et les hommes qui en portent les compétences.
Les échanges ont rappelé que l’expertise ne se construit pas en quelques années. Elle repose sur l’expérience acquise au fil des projets, sur la transmission entre générations, sur la formation et sur la capacité des différents acteurs à travailler ensemble.
Les témoignages ont également montré que l’expérience française est le résultat de plusieurs décennies de développement du secteur nucléaire, avec ses réussites, ses difficultés, ses évolutions et les enseignements qui en ont été tirés.
Partager l’expérience et construire ensemble
L’événement ne visait toutefois pas à présenter un modèle unique. Les pays qui développent ou étendent leurs programmes nucléaires sont confrontés à des contextes, des besoins et des trajectoires différents.
La France souhaite néanmoins mettre son expérience au service de ces échanges, en partageant ses pratiques et ses savoir-faire, mais également en apprenant de l’expérience de ses partenaires et en construisant avec eux des solutions adaptées à leurs besoins.
Cette approche rejoint directement la mission de l’I2EN, qui coordonne l’offre française de formation nucléaire à l’international et contribue au développement de coopérations dans le domaine des compétences et de la formation.
Alors que de nombreux pays s’intéressent aujourd’hui au développement ou à l’expansion de l’énergie nucléaire, les échanges organisés à Vienne ont rappelé que la réussite de cette dynamique mondiale dépendra autant des capacités humaines que des technologies et des infrastructures.
Construire le nucléaire de demain, c’est avant tout construire les compétences, transmettre les savoirs et créer les partenariats qui permettront de le faire durer.