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Convention I2EN 2026 cap sur l’excellence nucléaire

Le 24 mars 2026 s’est tenue la Convention I2EN, un événement marquant pour la communauté nucléaire, réunissant près de 75 participants : membres de l’I2EN, partenaires et experts du secteur. Ensemble, ils ont exploré les évolutions des activités de l’institut tout en partageant des expériences et de nouvelles idées pour conforter la position de la France dans le domaine de la formation des compétences nucléaire.

Ouverture par Vincent Berger

Vincent BergerVincent Berger, Haut-commissaire à l’Énergie Atomique et Président de l’I2EN, a ouvert la journée en soulignant un basculement radical : en seulement quatre ans, la France est entrée dans une nouvelle ère nucléaire. Ce renouveau se traduit par une ambition industrielle d’envergure qui conjugue le lancement d’un nouveau programme de six réacteurs EPR2 et le développement de solutions agiles, qu’il s’agisse des SMR avec NUWARD ou de l’innovation portée par des start-ups comme Calogena et Jimmy pour la chaleur industrielle.

« La véritable souveraineté réside dans la capacité à tenir sur le long terme. Cette résilience repose sur une filière robuste et, à terme, sur la fermeture du cycle du combustible grâce aux Réacteurs à Neutrons Rapides (RNR), permettant de s’affranchir significativement de la dépendance à l’uranium naturel, » rappelle le Haut-commissaire. « Cette stratégie s’inscrit dans une dynamique mondiale où le savoir-faire français, de l’ingénierie au contrôle-commande, en passant par des projets structurants comme Sizewell C, renforce la crédibilité de notre supply-chain à l’export. »

In fine, cette ambition ne pourra se concrétiser que si l’on dispose de suffisamment de compétences. Vincent Berger a conclu en rappelant le rôle central de l’I2EN, qui fait le lien entre les besoins de l’industrie et la formation, en mobilisant ensemble les ministères, les institutions et les industriels pour former les talents nécessaires.

Comment enseigner une culture de sûreté vivante et non seulement réglementaire ?

Valerie LagrangeComment faire vivre une culture de sûreté fondée sur le questionnement, la responsabilité individuelle et le retour d’expérience, au-delà de la seule maîtrise des exigences réglementaires ? La question a structuré un débat animé par Jan van der Lee, réunissant Valérie Lagrange (EDF/DPN, photo), Evelyne Rouby (Université Côte d’Azur/SKEMA), Jean-Paul Daubard (ASNR), Jérôme Eymery (Orano) et Erik Dagorn (Bureau Véritas).

Les échanges ont souligné l’importance d’ancrer une posture proactive et partagée dès la formation initiale, puis tout au long de la carrière. Parmi les pistes avancées : adapter les cursus et les dispositifs de formation pour intégrer ces aspects, rapprocher durablement acteurs académiques et industriels pour faciliter la compréhension mutuelle de leurs besoins respectifs, et installer des environnements où la sûreté se traduit en pratiques quotidiennes.

Les intervenants ont insisté sur une responsabilité partagée et une culture commune, reposant sur le doute, la transparence, l’entraide, la conscience des risques et le partage des perceptions et des valeurs. Des formations dédiées existent, de l’intervenant au dirigeant, avec un socle commun de culture de sûreté, mais l’engagement individuel de chaque acteur demeure présenté comme déterminant.

Construire l’excellence, l’évaluer, la reconnaître

Table ronde expertsAnimée par Pierre Eymond, président du Comité d’Experts indépendants de l’I2EN, la deuxième table ronde était consacrée au label I2EN. Elle a surtout permis de mettre en lumière le travail du Comité d’Experts. Les échanges sont revenus sur la mécanique d’évaluation : critères, procédure, prise en compte des besoins industriels, ouverture internationale, et apport d’un regard indépendant, porté par des experts académiques, industriels et institutionnels.

Plusieurs experts I2EN ont livré leur point de vue : Noëlle Laneyrie (EDF) pour l’industrie, Gérard Cote pour l’académique, et Frédéric Plas pour une lecture à la fois industrielle et internationale. Deux responsables de formation, Jing Dai (MNE/NPO) et Abdul Abdelouas (IMT Atlantique), sont également intervenus pour illustrer concrètement ce que change une démarche de labellisation pour un programme.

Les interventions ont rappelé que l’excellence ne se résume pas à une performance académique. Elle se mesure aussi à l’intégration des exigences de sûreté et de culture de sûreté, à la solidité du lien formation–industrie, à la capacité à aborder le domaine en approche système, à l’ouverture internationale, et à la formation de profils capables de co-construire la filière nucléaire de demain. Le Comité d’Experts a été présenté comme le garde-fou contre l’auto-déclaration, et comme le principal facteur de crédibilisation du label, via une évaluation structurée et reconnue.

Les ateliers critiques

Ateliers I2ENL’après-midi de la Convention I2EN a été consacrée à une séquence d’ateliers, pensée comme un exercice participatif visant à faire émerger des propositions opérationnelles autour de quatre thèmes structurants pour les formations nucléaires.

Le premier atelier a porté sur le « casse-tête des stages », identifié comme un maillon critique de l’obtention des diplômes et de l’employabilité. Les participants ont décrit une pénurie récurrente, en décalage avec les besoins de recrutement de la filière : difficultés pour les étudiants internationaux à obtenir un stage en France, accès limité des étudiants français à des stages à l’étranger, et capacité d’accueil insuffisante des industriels et organismes de recherche, souvent freinée par des contraintes d’encadrement, administratives ou juridiques. L’objectif affiché par l’I2EN est double : garantir un stage à chaque étudiant de master en France et faciliter la réalisation de stages à l’international pour les étudiants français.

Le deuxième atelier a abordé la standardisation de l’excellence pour soutenir la mobilité et l’employabilité internationales. Si le label I2EN gagne en visibilité, les échanges ont souligné l’absence de référentiel harmonisé à l’échelle européenne, et plus encore mondiale, pour reconnaître la qualité des formations nucléaires. Cette hétérogénéité freine la mobilité et complique le partage de standards communs, notamment sur des sujets sensibles comme la sûreté. L’hypothèse discutée : faire évoluer le label, initialement national, vers une base de référence plus large.

Le troisième atelier s’est concentré sur l’attractivité des formations françaises auprès des étudiants étrangers, dans un contexte de concurrence accrue. Les discussions ont mis en avant plusieurs facteurs : langue d’enseignement, clarté des parcours, reconnaissance des diplômes, perspectives d’emploi, qualité de l’accueil, mais aussi la question de la rétention et de l’insertion, au-delà de l’attraction initiale. Le rôle de l’I2EN a été interrogé : comment passer de la promotion à une stratégie collective structurée.

Enfin, le quatrième atelier a traité de la coordination des partenariats internationaux. Face à une demande mondiale en compétences, les participants ont pointé des actions encore trop dispersées ou redondantes, et plaidé pour des partenariats plus pérennes, articulant niveaux stratégique, académique et industriel dans un cadre cohérent.

Dans chaque atelier, les groupes ont été invités à dépasser le diagnostic pour identifier les freins (organisationnels, réglementaires, financiers), proposer des leviers activables par l’I2EN et son réseau, et clarifier le rôle des acteurs. Les restitutions, jugées riches, alimenteront le plan d’action I2EN 2026.

Attribution du Prix I2EN

Prix I2ENLe Prix I2EN est une distinction honorifique annuelle qui célèbre l’excellence académique et l’engagement international d’étudiants ayant brillamment achevé une formation labellisée I2EN.

À travers ces prix, l’I2EN met en valeur le rayonnement international de la filière nucléaire française et de ses formations, tout en renforçant leur attractivité auprès des talents, en France comme à l’étranger.

Toujours attribués lors de la Convention annuelle, ces prix distinguent des étudiants sélectionnés par les responsables de formation, puis validés par le Comité d’Experts I2EN, au regard de critères exigeants d’excellence et d’ouverture internationale.

Cette année, cinq étudiants ont été ainsi récompensés :

  • Sophia Alleau, formation d’ingénieur généraliste Génie Nucléaire, parcours « DEMIN », Développement et Management des Installations Nucléaires, de l’IMT Atlantique
  • Mathias Boulanger, formation d’ingénieur spécialisé en « Génie Atomique » de l’Institut National des Sciences et Techniques Nucléaires
  • Joséphine Hajj, Master « Physique de l’Énergie et de la Transition Énergétique » de l’Université de Toulouse
  • Edoardo Gilardi Durando, Master « MNE – Nuclear Reactor Physics and Engineering » de l’Institut Polytechnique de Paris – ENSTA – INSTN
  • Sidonie Duvivier, Master « MNE – Nuclear Fuel Cycle » de l’Université PSL – Chimie ParisTech.

Le Prix I2EN a été remis par Vincent Berger, Haut-commissaire à l’Énergie Atomique et Président de l’I2EN. Toutes nos félicitations aux lauréats pour cette distinction !

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