Les 3 et 4 septembre, le Forum sur la Durabilité et les Energies Renouvelables (SAREF) s’est tenu à Kuching, en Malaisie, rassemblant des experts en énergie, des décideurs politiques, des régulateurs, des GRT, des opérateurs de réseau et d’autres spécialistes de l’énergie venant de Malaisie et des pays de l’ASEAN.
Ce forum influent a inclus, pour la première fois, une session sur l’énergie nucléaire en réponse aux objectifs régionaux de durabilité et de réduction des émissions de carbone. L’I2EN a eu l’honneur d’être invité par le bureau du Vice-Premier ministre Fadillah Yusof pour contribuer au débat, partageant l’expérience de la France et les avantages à long terme d’une approche cohérente dirigée par des experts où le public fait confiance aux institutions technocratiques gérant des projets à grande échelle. Ce modèle, basé sur un récit transparent et dirigé par des experts, est un outil puissant pour construire et maintenir l’acceptation publique.
Nucléaire en Malaisie
Le gouvernement malaisien a confirmé un regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire, révélant un écart stratégique dû à une forte dépendance aux combustibles fossiles et des objectifs de décarbonation agressifs. Les sources renouvelables intermittentes comme le solaire et l’éolien sont cruciales mais ne peuvent fournir la puissance de base stable nécessaire pour la stabilité du réseau et la sécurité énergétique. Dans le cadre du Feuille de route nationale pour la transition énergétique (NETR, lancée mi-2023), l’exploration du nucléaire par la Malaisie est une nécessité pragmatique pour combler le manque de puissance de base et respecter ses engagements de décarbonation, d’autant plus que la demande d’électricité de l’ASEAN devrait tripler d’ici 2050. Le 13ème Plan Malaisie (13MP), dévoilé en juillet 2025, indique que l’énergie nucléaire entrera dans le mix énergétique d’ici 2031, avec une décision programmée après 2030.
L'approche française comme source d’inspiration
L’expérience nucléaire de la France suscite un intérêt significatif en Malaisie. La confiance du public envers le vaste programme français (56 réacteurs en 15 ans) s’est construite sur un respect culturel pour les projets technologiques gérés par l’État et la confiance envers les scientifiques et ingénieurs qui les soutiennent. Le soutien du public français à l’énergie nucléaire relève d’une fierté nationale, en adéquation avec la vision de la France en tant que leader technologique. Pour la Malaisie et d’autres nations de l’ASEAN, ceci offre des insights précieux : le développement nucléaire doit être présenté comme une impérative nationale stratégique pour l’indépendance énergétique et la force économique, construisant la confiance et l’acceptation du public. Une autre leçon est la nécessité d’un écosystème éducatif et de formation complet pour assurer un flux continu de travailleurs qualifiés et de talents pour l’industrie et les institutions associées.
Collaboration internationale
La collaboration internationale est cruciale. Établir des partenariats internationaux à long terme avec des institutions académiques et de recherche alimente le vivier de talents et construit la compréhension et l’acceptation publiques. Un programme nucléaire robuste, axé sur l’éducation et le développement de la main-d’œuvre, offre des avantages publics tangibles. La France, par l’intermédiaire de l’I2EN, est prête à offrir un programme de soutien sur mesure pour le développement des capacités humaines avec la Malaisie.